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Le tardigrade, l'animal qui a survécu au vide spatial

Moins d'un millimètre, huit pattes, et il a survécu 10 jours exposé au vide de l'espace. Comment le tardigrade se met « en pause », et ce qu'il fait sur la…

Il mesure moins d'un millimètre, il a une démarche d'ourson et il a survécu à un voyage que tu ne survivrais pas dix secondes : dix jours dans le vide spatial, sans combinaison. Voici le tardigrade.

Un « ourson d'eau » microscopique

Le tardigrade a huit pattes terminées par de petites griffes et un corps dodu qui lui vaut son surnom d'ourson d'eau. La plupart des espèces mesurent entre 0,1 et 1 millimètre : de quoi tenir sur une tête d'épingle.

On en trouve presque partout : dans les mousses, les lichens, les sédiments, du sommet des montagnes au fond des océans. Il y en a peut-être dans la mousse de ton jardin.

2007 : direction l'orbite

En septembre 2007, des chercheurs ont envoyé des tardigrades en orbite autour de la Terre, à bord de la mission FOTON-M3. Pendant 10 jours, ils ont été exposés directement au vide spatial, sans aucune protection.

Au retour, l'équipe d'Ingemar Jönsson a publié les résultats dans Current Biology (2008) : la plupart des tardigrades exposés au vide seul ont survécu et se sont réveillés. Le vide de l'espace, mortel pour presque tous les êtres vivants, ne les a pas tués.

Une nuance quand même : ceux qui ont reçu en plus le rayonnement ultraviolet du Soleil ont beaucoup moins bien survécu. Le tardigrade est coriace, pas invincible.

Son secret : la mise en pause

Quand son milieu s'assèche, le tardigrade fait quelque chose d'étonnant : il se vide de presque toute son eau, rentre ses pattes et se recroqueville en une petite boule sèche. Les scientifiques appellent cet état la cryptobiose.

Dans cette boule, son métabolisme est presque arrêté. Il ne mange pas, ne bouge pas, ne vieillit presque plus. Il attend. Quand on le réhydrate, il se déplie et repart comme si de rien n'était.

Des radiations des centaines de fois mortelles

Dans cet état, le tardigrade encaisse des doses de radiations de l'ordre de milliers de grays. Pour un humain, une dose de l'ordre de 5 à 10 grays est mortelle. L'écart se compte en centaines de fois.

Et le plus fou : des tardigrades sur la Lune

Le 11 avril 2019, la sonde israélienne Beresheet s'est écrasée sur la Lune. À son bord, une petite « bibliothèque » contenant notamment des tardigrades déshydratés.

Ont-ils survécu ? Une étude de 2021 a tiré des projectiles chargés de tardigrades pour reproduire le choc : leur conclusion est qu'ils n'ont probablement pas survécu à l'impact. Personne n'est allé vérifier sur place. Mais il y a très probablement, aujourd'hui, des tardigrades sur la Lune, vivants ou non.

Ce qu'il faut retenir

  • Le tardigrade mesure moins d'un millimètre et vit presque partout sur Terre.
  • En 2007, il a survécu à 10 jours d'exposition au vide spatial (mission FOTON-M3).
  • Son secret : la cryptobiose, une mise en pause où il perd presque toute son eau.
  • Depuis 2019, des tardigrades reposent sur la Lune, sans doute morts dans le crash.

Source principale : Jönsson et al., « Tardigrades survive exposure to space in low Earth orbit », Current Biology, 2008.

Sources vérifiées

Chaque chiffre de la vidéo et de cet article a été contrôlé dans ces sources.

  • Jönsson et al., « Tardigrades survive exposure to space in low Earth orbit », Current Biology, 2008

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