La méduse « immortelle » peut redevenir jeune
Quand elle est blessée ou affamée, cette méduse de 4,5 mm redevient un polype, son stade bébé, puis repart pour une nouvelle vie. Comment fonctionne ce «…
La vidéo en 1 minute
Cette méduse peut redevenir bébé. Encore et encore. Et en théorie, ça la rend immortelle. Elle s'appelle Turritopsis dohrnii. Elle est plus petite que ton ongle : quatre millimètres et demi. Normalement, une méduse naît, grandit, se reproduit… et meurt. Elle, quand ça tourne mal, elle appuie sur « rembobiner ». Blessée, affamée, stressée : elle se recroqueville en une petite boule. Elle résorbe ses tentacules. Mais attends… en un jour et demi, cette boule devient un polype. Le polype, c'est son stade bébé, accroché au fond de la mer. Puis il fabrique de nouvelles méduses. Toutes neuves. C'est comme si un papillon redevenait chenille. Ses cellules changent littéralement de métier. Cinquante faits comme ça dans le PDF gratuit, lien en bio. Toi, tu voudrais pouvoir rajeunir ? Oui ou non ? Et le plus fou : un chercheur japonais en a vu une rajeunir dix fois en deux ans. Parfois une fois par mois. Sauf qu'en vrai, elle meurt souvent quand même : mangée par des poissons, des tortues… Elle ne meurt pas de vieillesse… elle recommence.
Imagine pouvoir appuyer sur « rembobiner » quand ta vie tourne mal, et revenir à l'état de bébé pour tout recommencer. Une méduse sait le faire. Elle s'appelle Turritopsis dohrnii, et on la surnomme la méduse « immortelle ».
Une minuscule méduse
Turritopsis dohrnii mesure environ 4,5 millimètres de large et de haut, selon le Natural History Museum de Londres. Elle est probablement plus petite que l'ongle de ton petit doigt.
La vie normale d'une méduse
Pour comprendre son exploit, il faut connaître le cycle de vie habituel d'une méduse de cette famille (les hydrozoaires) :
- Une larve se fixe au fond de la mer et devient un polype, une sorte de petite tige accrochée au sol.
- Le polype bourgeonne et libère de petites méduses.
- Les méduses grandissent, se reproduisent… et meurent.
C'est un aller simple : du polype vers la méduse, puis la fin.
Le rembobinage
Turritopsis dohrnii, elle, peut faire le chemin à l'envers. Quand elle est blessée, affamée ou subit un autre stress, elle se rétracte, résorbe ses tentacules et se transforme en une petite boule.
Selon le Natural History Museum, en 24 à 36 heures, cette boule devient un nouveau polype. Ce polype, son stade « bébé », s'accroche au fond et se met à produire de nouvelles méduses, toutes neuves.
C'est un peu comme si un papillon redevenait chenille, avant de refaire un papillon. La comparaison n'est pas parfaite biologiquement, mais elle donne l'idée.
Des cellules qui changent de métier
Comment est-ce possible ? Les cellules de la méduse changent de spécialité : une cellule qui faisait partie d'un tissu de méduse devient une cellule d'un autre type, adaptée au polype. Les biologistes appellent ça la transdifférenciation. En 2022, une étude publiée dans PNAS a comparé son génome à celui d'une espèce proche pour chercher les gènes liés à ce rajeunissement.
Et le plus fou : dix rajeunissements en deux ans
Le chercheur japonais Shin Kubota, de l'université de Kyoto, a élevé ces méduses en laboratoire. Il a observé des colonies qui se sont rajeunies jusqu'à dix fois en deux ans, parfois à seulement un mois d'intervalle.
Immortelle… en théorie
En théorie, rien n'empêche cette méduse de recommencer indéfiniment : elle ne meurt pas de vieillesse. Mais dans la nature, elle meurt souvent quand même. Elle peut être mangée par des poissons ou des tortues avant d'avoir eu le temps de rajeunir.
Elle n'est pas invincible. Elle a juste trouvé le moyen de ne jamais mourir de vieillesse.
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Ce qu'il faut retenir
- Turritopsis dohrnii mesure environ 4,5 mm.
- Blessée ou affamée, elle redevient un polype en 24 à 36 heures, puis produit de nouvelles méduses.
- Ses cellules changent de spécialité : c'est la transdifférenciation.
- Elle ne meurt pas de vieillesse, mais elle peut être mangée.
Sources principales : Natural History Museum de Londres ; Pascual-Torner et al., PNAS, 2022.
Sources vérifiées
Chaque chiffre de la vidéo et de cet article a été contrôlé dans ces sources.
- Natural History Museum, « about 4.5 millimetres wide and tall – likely making it smaller than the nail on your little finger »
- cycle des hydrozoaires, NHM (même page) et AMNH
- la voix dit « en a vu une ». L'article de Kubota (2011, dépôt de l'université de Kyoto) décrit un même spécimen rajeuni 10 fois
- Pascual-Torner et al., PNAS, 2022