Accueil › Ton corps est bizarre

Des acariens vivent dans tes cils (en ce moment)

Un tiers de millimètre, huit pattes, la tête en bas au pied de tes cils : les Demodex vivent sur presque tous les adultes. Ce qu'ils font la nuit, et…

La vidéo en 1 minute

En ce moment, des acariens vivent dans tes cils. Et cette nuit, ils vont chercher l'amour… sur ton visage. Ils s'appellent Demodex. Un tiers de millimètre, huit pattes. Ils vivent la tête en bas, au pied de tes cils, et se nourrissent du gras de ta peau. Abonne-toi, ton corps cache encore pire. Le jour, ils restent cachés. La nuit, ils sortent rejoindre le pore d'à côté. À peine un centimètre par heure. Tu les as attrapés juste après ta naissance. Et presque tous les adultes en ont. Et le plus fou : ils ont perdu tant de gènes qu'ils seraient en train de devenir une partie de nous. Rassure-toi : chez la plupart des gens, ils sont inoffensifs. Alors ce soir, quand tu fermeras les yeux… n'oublie pas.

En ce moment même, pendant que tu lis cette phrase, de minuscules animaux à huit pattes vivent au pied de tes cils. Et cette nuit, ils vont sortir sur ton visage pour se reproduire. Ils s'appellent Demodex, et ils font partie de ta vie depuis ta naissance.

Qui sont les Demodex ?

Ce sont des acariens, des cousins lointains des araignées. Deux espèces vivent sur les humains, dont Demodex folliculorum, celle des cils.

  • Taille : environ 0,3 à 0,4 millimètre, soit un tiers de millimètre. Invisible à l'œil nu.
  • Corps allongé, avec huit pattes courtes regroupées à l'avant.
  • Habitat : les follicules, ces petites cavités d'où sortent tes cils et tes poils, surtout sur le visage.

Ils vivent la tête en bas, enfoncés dans le follicule, l'arrière du corps dépassant légèrement.

Ils mangent le gras de ta peau

Leur nourriture, c'est le sébum, l'huile naturelle que ta peau produit pour rester souple. Ils trouvent donc tout ce qu'il leur faut au pied de tes cils, sans jamais avoir besoin de partir loin.

La nuit, ils sortent

Le jour, les Demodex restent cachés dans leurs follicules. La nuit, ils deviennent actifs : ils sortent à la surface de la peau et se déplacent d'un follicule à l'autre pour s'accoupler.

Ne t'inquiète pas pour la course-poursuite : ils avancent à environ 8 à 16 millimètres par heure. À peine un centimètre par heure.

Tu les as attrapés juste après ta naissance

Les Demodex se transmettent par simple contact de peau, et la plupart des gens les attrapent peu après la naissance, au contact de leur mère.

Et ils sont presque universels. En 2014, une étude publiée dans PLOS ONE a cherché leur ADN sur des volontaires : chez les adultes de plus de 18 ans, les chercheurs l'ont trouvé chez 100 % des personnes testées.

Et le plus fou : ils deviennent une partie de nous

En 2022, une équipe menée notamment par l'université de Reading a séquencé le génome de Demodex folliculorum. Surprise : ces acariens ont perdu énormément de gènes. Leur génome est le plus réduit connu parmi leurs proches parents.

Vivant à l'abri dans nos follicules, sans prédateurs ni concurrents, ils n'ont plus besoin de beaucoup de leurs anciennes capacités. Les chercheurs suggèrent qu'ils seraient en train de passer du statut de parasite à celui de symbiote, un organisme qui vit en association étroite avec nous, au point de devenir peu à peu une partie de notre propre corps.

Faut-il s'en débarrasser ?

Non : chez la plupart des gens, les Demodex sont inoffensifs. Ils font partie de la faune normale de la peau, comme les bactéries. Une prolifération anormale est associée à certaines affections de la peau ou des paupières, mais c'est l'exception, et c'est l'affaire d'un médecin.

Ce qu'il faut retenir

  • Les Demodex mesurent un tiers de millimètre et vivent au pied de tes cils, la tête en bas.
  • Ils se nourrissent de sébum et sortent la nuit pour s'accoupler, à environ 1 cm par heure.
  • On les attrape peu après la naissance, et presque tous les adultes en portent.
  • Leur génome se réduit : ils seraient en train de devenir une partie de nous.

Sources principales : Smith et al., Molecular Biology and Evolution, 2022 ; Thoemmes et al., PLOS ONE, 2014.

Sources vérifiées

Chaque chiffre de la vidéo et de cet article a été contrôlé dans ces sources.

Dans la même veine